Mas Fanto et l’assurance en Indonésie

Petit mot sur le secteur de l’assurance

…attendant Godot en Indonésie…

L’idée motrice  de l’assurance est celle d’un bouclier qui fournit une protection à la société contre toutes sortes de risques. Néanmoins, l’assurance a suivi un parcours différent en Indonésie dans la mesure où elle ne sert que d’instrument de spéculation à court terme. Les souscripteurs ne font qu’investir dans des fonds à capital variable à très court terme: les unit-linked products ou c’est des assurés qui assument tout le risque.

En principe, l’économie s’articule autour de deux piliers: le secteur bancaire et le secteur de l’assurance. Malheureusement, si l’on cherche une analogie adéquate, l’industrie de l’assurance en Indonésie n’est pas un pilier mais une simple fenêtre. En effet, les sociétés d’assurance cèdent leur portefeuille à des réassureurs étrangers et n’en gardent qu’une minuscule proportion. Par conséquent, les sociétés d’assurance-vie indonésiennes ne sont que des courtiers, des intermédiaires, ce qui crée une jolie façade mais sans profondeur réelle.

En 2015, l’OJK a constaté que la plupart des sociétés indonésiennes étaient incapables de se conformer au stress test ou de maintenir le ratio de fonds propres (RBC) comme il faut. Contrairement à ce qui s’est passé en 1998 lors de la crise bancaire, il n’y a pas eu de “destruction créatrice”, mais au contraire, en guise de solution, l’OJK a baissé le niveau de RBC. Au lieu de prendre des mesures radicales de fusion et acquisition, de faillite et de rachat, on a tout simplement changé les règles du jeu. Par analogie, si on se trouve dans un train qui ne bouge pas, au lieu de résoudre le problème, il suffit de fermer les stores… voilà! Solution instantanée!

Au grand désarroi de l’OJK, les Indonésiens ont tendance à préférer les sociétés d’assurance-vie étrangères. Tout le monde soupçonne que les sociétés d’assurance locales ne sont que des coquilles vides, sous-capitalisées et mal gérées. Les actionnaires et directeurs de ces sociétés vident les fonds par le biais de prêts à l’apparenté ou les distribuent en dividendes. On a exprimé le souhait depuis longtemps que l’OJK donne le feu vert aux agences internationales de notation pour qu’elles puissent attribuer des notations aux acteurs de l’industrie, mais on craint en même temps que ça ne débouche sur des retraits massifs. Le statu quo persiste alors, et l’industrie flâne dans un non-lieu…

mais ça va, Godot va arriver demain….

Ecrit par: ‘Mas Fanto’ (aka Phantomas)

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